Ma vie d’éditrice épisode 11

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GROSSE FATIGUE 

Dur dur d’être éditrice, et d’être obligée de garder un autre emploi à temps plein pour vivre ! L’expérience du cumul d’activités, que j’expérimente depuis plus de deux ans, et des conditions de travail en « espace ouvert »,  sur lesquelles je ne m’étendrai pas, m’ont conduite au bord du burn-out. J’ai été obligée de prendre un peu de recul…

Fête du livre à Soulac sur Mer, 14-15 avril 2018.

Durant mes semaines de « repos », je me suis énormément questionnée sur ce qui serait le mieux pour moi, pour Épilobe, mais je n’ai pas trouvé LA réponse. Qu’il est difficile de choisir ! J’ai beaucoup écrit, travaillant sur un projet de longue date, un récit biographique. Cela m’a fait énormément de bien de me plonger à corps perdu dans l’histoire d’Hadjila, de l’Algérie à la France…

Et puis, il a fallu fermer la parenthèse, et reprendre le cours « normal » de ma vie, sans avoir trouvé toutes les réponses. L’avenir m’apparaît sous la forme d’un énorme point d’interrogation.

UN PRINTEMPS, DES SALONS 

Avec le printemps, j’ai repris la route des salons. Je n’ai pas le choix, mes livres n’étant pas diffusés en librairie :  si je veux les présenter aux lecteurs potentiels, il faut que je mette ma casquette de vendeuse, et que j’aille au front. Pas facile les salons, les heures d’attente, les moments de solitude, les moments où j’ai envie de tout arrêter, les moments où je me demande pourquoi je m’inflige tout ça, les moments où je rêve d’un dimanche sur canapé, réconfortant et silencieux. C’est dur de faire « bonne figure » pendant un ou deux jours entiers, puisant dans mon énergie pour tenter de garder la motivation, pour défendre mes livres le mieux possible… Et la déception est encore plus grande à la fin, quand les ventes ne couvrent même pas les frais d’inscription et de déplacement.

Salon Cita’Livres au Château d’Oléron, 21 et 22 avril 2018.

Heureusement, dans les salons, je rencontre toujours des personnes intéressantes, sympathiques, qu’il s’agisse des organisateurs, des collègues éditeurs, des libraires, des auteurs, et avant tout des lecteurs. Ces derniers, par leur curiosité, leur gentillesse, leur enthousiasme prennent le dessus sur tous les sentiments négatifs qui me traversent. Mes livres, c’est un peu comme mes enfants : si on m’adresse des compliments les concernant, j’exulte. Cela justifie toute l’énergie que je consacre à les faire naître ! Lors du salon Cita’Livres, je me souviens notamment d’un jeune homme séduit par le livre jeunesse Monsieur Germain. Il a voulu l’acheter, soi-disant pour une de ses nièces. Pour lui faire plaisir, j’ai voulu lui donner un exemplaire pré-dédicacé, mais lorsque je lui ai demandé quel prénom il fallait écrire, il a finalement préféré un exemplaire non dédicacé. Je suis convaincue qu’il voulait acheter le livre pour lui, sans oser l’avouer. Plutôt touchant non ? Je me rappelle aussi une femme qui regardait mon premier ouvrage, Non, il n’est jamais trop tard pour apprendre à danser ! Quand je lui ai parlé de l’objet du livre, elle s’est tout de suite reconnue à travers l’histoire de ces femmes qui pratiquent la danse classique. Ce fut un plaisir d’échanger avec elle, et de la voir repartir avec le livre. Que ce livre puisse conforter des femmes dans leur envie de danser, ou les aider à se  lancer me ravit…

En résumé, les salons c’est du chaud et du froid, de la déception et de la joie, du désespoir et de l’espoir, un peu comme la vie. Ces royaumes où les livres sont rois sont un monde à part, dépaysant et fascinant, et parfois un peu effrayant…

VIRUS QUAND TU ME TIENS

LULU AU CLAIR DE LUNE, le petit dernier !

J’ai replongé ! Je n’ai pu m’en empêcher, malgré la promesse que je m’étais faite de ne pas prendre de nouveaux projets en 2018. J’ai craqué, et accepté de travailler avec une jeune auteure-illustratrice, Oriana Villalon.  Oriana m’a contacté l’automne dernier pour me présenter son premier projet de livre jeunesse, Lulu au clair de lune. J’ai trouvé son histoire de flamant rose à la poursuite des étoiles intéressante, et son trait original. J’ai aimé son enthousiasme, son côté « pétillant », et sa passion pour le dessin. Je lui ai donné quelques conseils, et nous nous sommes quittées sans nous perdre de vue. Et puis, lors d’un échange récent, comme elle ressentait plus que jamais le désir de concrétiser son projet, mais dans un premier temps à petite échelle, je lui ai proposé d’éditer son livre. La qualité de ses illustrations et la délicatesse de son texte méritent d’être proposés au regard des lecteurs.

Ainsi, nous travaillons actuellement sur la maquette du livre, avec un imprimeur formidable et lui-aussi passionné, situé à Saint-Selve en Gironde, Monsieur Broca Brisson. Sa toute petite imprimerie se situe juste à côté de chez lui, et il n’hésite pas à nous consacrer de nombreuses heures, afin qu’ensemble nous arrivions à faire naître un livre parfait.

Allez, en route pour de nouvelles aventures, avec Lulu et les autres … Je vous tiens au courant !

Cathy.

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