Ma vie d’éditrice épisode 12

Cathy livres

Un été brûlant pour Épilobe !

Portets, Monpazier, Tramasset, Le Buisson de Cadouin, Lalinde, Cambo les Bains : de la Gironde à la Dordogne en passant par les Pyrénées Atlantiques, les salons se sont succédé cet été, avec leur cohorte de rencontres, de découvertes, d’échanges, et de moments déprimants ou joyeux. L’été 2018 restera dans ma mémoire baigné dans une chaleur torride, et je me souviendrai toujours de ce salon d’août situé sur une place de village, où j’ai cuit en compagnie de ma fille toute la journée, nous arrosant régulièrement d’eau pour supporter la canicule. Même mes livres sont devenus brûlants et se sont mis à gondoler sous l’ardent soleil. Nos compagnons de stands eux-aussi ont eu très chaud, et les heures ont défilé très lentement cet après-midi là, car nous n’avons pas vu grand monde sur la place, désertée par les autochtones et les touristes, somnolant sans doute à l’ombre dans leurs maisons ou au bord des rivières fraîches de la Dordogne…

Sous le soleil d’Estivalivre au Buisson de Cadouin, avec mon assistante Mathilde.

Depuis le début de l’année 2018, j’ai participé à plus de quinze salons, sans idée préconçue puisqu’il s’agissait de la première fois, et sans savoir à l’avance si l’expérience serait bonne ou mauvaise. À présent, je sais que je participerai à nouveau avec plaisir à certains salons, et que je ne participerai plus à d’autres. Il y a pléthore de salons du livres, mais très peu de salons ont une organisation, une programmation, une communication débouchant sur une fréquentation satisfaisante, respectueuse des auteurs, des éditeurs et des libraires qui y participent, et du public bien entendu. Évidemment, la météo a un rôle à jouer, mais tout ne dépend pas d’elle, et les organisateurs ne doivent rien laisser au hasard pour que leur salon soit réussi. Quelle que soit l’édition, qu’il s’agisse d’une première ou d’une trentième, l’investissement doit être le même ! Faire trois heures de route pour se retrouver dans un salon mal organisé, où l’on est mal accueilli, où le public est absent, où la programmation laisse à désirer, est très décevant. Et si en plus on a payé une inscription, à laquelle s’ajoutent les frais de route et les repas, et que l’on ne rentre même pas dans ses frais, on est encore plus dépité.

Heureusement, j’ai eu la chance d’être accompagnée dans de nombreux salons par les auteurs et illustrateurs d’Épilobe. Je remercie particulièrement Oriana, qui a participé à de nombreux salons avec moi cet été, suite à la parution au mois de juin de son livre LULU AU CLAIR DE LUNE. Et je voue une reconnaissance éternelle à ma copine éditrice Marie Bisserieix, qui nous a conduit à plusieurs salons. Marie a créé les Éditions Le Nouveau Pont en 2016, l’année de naissance d’Épilobe. Une connaissance commune nous a mis en relation, et depuis notre rencontre nous nous soutenons mutuellement, et partageons des moments de nos vies d’éditrices.

Avec Oriana au salon de Cambo les Bains, le dernier salon de l’été.

Une prise de décision, enfin …

Après avoir réfléchi durant des mois, c’est au cœur de l’été que j’ai pris la décision ferme et définitive de changer le statut juridique d’Épilobe éditions. Je ne pouvais plus continuer à courir, de mois en mois, après l’argent nécessaire au paiement des charges fixes de mon EURL. Aussi, je ne pouvais plus continuer à puiser dans mes ressources personnelles, et à mettre en danger la situation financière de mon ménage. Le 20 août, j’ai donc pris la décision de dissoudre l’EURL, et à présent la clôture est en cours. Au mois de septembre, j’ai créé l’association Épilobe éditions, dont les objectifs sont les mêmes que l’EURL, mais pas les charges financières. Contrairement à une société, une association n’est pas obligée de payer des charges sociales si elle ne rémunère pas ses dirigeants, et elle peut faire sa comptabilité sans avoir recours à un expert comptable. Je vais donc pouvoir continuer à donner une chance à de nouveaux auteurs et illustrateurs d’être édités et faire connaître leurs ouvrages, en les aidant à réaliser leurs projets, et à promouvoir leurs livres. Tout cela avec moins de pression, davantage de détente, et l’espoir de trouver des personnes volontaires pour me rejoindre dans l’association et m’aider à poursuivre le but d’Épilobe.

Les mois qui viennent vont être consacrés à mettre en place l’organisation de l’association. Des réunions vont être organisées, un comité de lecture constitué afin de sélectionner les futurs projets, et le programme éditorial de l’année 2019 devra être défini. Des financements devront également être trouvés afin de mener à bien les futurs projets.

Un nouveau départ …

Quant à moi, je suis soulagée je vous l’avoue, car durant deux années et demi j’ai tenu à bout de bras une entreprise tout en sachant qu’elle n’était pas viable, et ne sachant pas trop comment faire pour m’en sortir. Ce fut épuisant physiquement et moralement. Cependant je ne regrette rien, car j’ai eu la satisfaction de faire naître cinq livres, et de fermer l’entreprise en ayant payé tout ce que je devais, proprement. J’ai vécu de beaux moments, fait de belles rencontres, découvert un monde nouveau, et je me suis enrichie de tout cela.

Le premier chapitre d’Épilobe est clos, et un nouveau chapitre s’ouvre, qui sera je l’espère plus collectif, joyeux, moins stressant et  encore plus enrichissant, et donnera naissance à beaucoup de nouveaux livres.

J’ai tellement envie d’y croire, encore et encore…