Ma vie d’éditrice épisode 3

Cathy info, livres

Des nouvelles fraîches d’Épilobe

Je vous salue, en ce jour d’hiver où la température plus que frisquette m’incite à rester au coin du poêle, un livre entre les mains, une boisson revigorante pas loin, évadée du monde, emportée ailleurs, dans un paradis imaginaire d’où je n’ai pas envie de revenir…    Ah, ce doux rêve, comme j’aimerais le réaliser ! Mais les livres, je n’ai même plus le temps de les lire depuis que j’ai eu l’idée saugrenue d’en fabriquer, et la nuit venue, quand une fois les douze coups de minuit bien sonnés je me dirige vers mon lieu de repos, le livre que je saisis au bout de quelques pages me tombe des mains, vaincu par le sommeil qui s’empare de moi et m’emporte dans les bras de Morphée.

Point de répit depuis le mois dernier. J’ai continué durant tout le mois de décembre à promouvoir Non, il n’est jamais trop tard pour apprendre à danser ! pour essayer de le faire connaître, auprès des librairies, des écoles de danses. À présent, chaque fois que je me déplace dans une ville, je prends mon livre avec moi et je vais voir les libraires, comme à Poitiers et Angoulême le mois dernier. J’exerce un métier à temps plein qui me permet de vivre (financièrement parlant), mais qui ne me laisse malheureusement pas assez de temps pour mon second métier, et je suis donc éditrice le soir, le weekend et pendant mes congés, ce qui ne me permet pas de pouvoir voyager dans toute la France pour présenter mon livre.

Bien sûr, il existe des diffuseurs dont le métier est de promouvoir les livres publiés par les éditeurs qu’ils représentent, et j’en ai contacté quelques-uns, en leur présentant mon premier livre et les deux autres ouvrages devant paraître courant 2017, mais je  n’ai pas eu de réponse positive. Je m’aperçois qu’il est très difficile pour un  petit éditeur, ayant très peu de titres à son catalogue, de trouver un diffuseur. C’est dommage, car c’est au départ qu’il nous faudrait un coup de pouce des professionnels de la diffusion et de la distribution, pour avoir plus de chance d’atteindre les libraires au niveau national, et de se faire connaître.

Ainsi, voici le bilan de l’activité de ma maison d’édition Épilobe neuf mois après sa création :

  • 1 livre publié en septembre 2016
  • 1 centaine d’exemplaires vendus au 31 décembre 2016
  • 1 capital de départ presque entièrement épuisé: sur les 15 000€ investis, il ne reste que 1 500€, qui vont être utilisés pour payer les charges sociales au régime RSI. Pour l’anecdote, j’ai failli tout arrêté fin décembre, quand j’ai reçu le calendrier de mes paiements pour 2017, dont le total s’élevait à 4 729€. Quand j’ai ouvert le courrier, et découvert le montant inscrit j’ai été prise d’un rire nerveux, croyant à une blague … Quelques appels téléphoniques et mails plus tard, la cotisation a été revue à la baisse, après leur avoir expliqué ma situation : aucune rémunération ne sera portée à mon actif, ni en 2016, ni en 2017. Pour information, la cotisation minimale de plus de 1 000€ que je paye au RSI ne me donne droit à rien, étant donné que je suis salariée par ailleurs et que mon activité éditoriale ne dégage aucun bénéfice.
  • 1 éditrice épuisée, mais pas encore complètement découragée
  • 1 satisfaction immense, celle d’avoir passé un premier cap, la création de la maison d’édition et la publication d’un premier livre qu’il me tenait tellement à cœur de faire exister.

De l’énervement 

Alors, quand j’ai lu un beau matin la diatribe d’un libraire s’en prenant aux éditeurs qui sur leurs sites proposent l’achat de leurs livres sur Amazon, voilà le commentaire que je n’ai pu m’empêcher d’écrire :

« Je viens de créer ma maison d’édition, je publie des livres illustrés, pour mettre en avant de jeunes illustrateurs, des auteurs n’ayant encore jamais été publiés. Mon premier livre est paru en septembre, je suis sur Bordeaux, je n’ai pas de diffuseur, et j’ai démarché moi-même les librairies locales. La plupart n’ont pas voulu de mon livre (sujet pas assez grand public, auteure et illustratrice inconnues…). Certaines librairies m’ont même découragée : marché du livre pléthorique, trop de livres illustrés … D’autres n’ont même pas pris la peine de jeter un coup d’œil à mon livre. J’ai aussi envoyé des dizaines de mails aux librairies de la région, restés sans réponse. Je ne jette pas la pierre aux libraires indépendants, je les comprends, ils ne peuvent pas prendre tous les livres qu’on leur propose et doivent faire un choix. Mais de grâce, ne condamnez pas les éditeurs qui débutent, n’ont pas les moyens de prendre un diffuseur (où n’en trouvent pas !) et proposent leurs livres sur tous les canaux de vente possible pour que leurs ouvrages aient la chance d’avoir une visibilité. C’est une question de survie ! Pour finir, je voudrais juste rajouter que les lieux où j’ai reçu le meilleur accueil en Gironde c’est chez Mollat, à la FNAC et dans les Cultura. Je pense qu’il faut arrêter de diaboliser un tel ou un tel, tout n’est pas tout blanc ou tout noir, il faut que tout le monde puisse vivre et le principal est que tous les livres puissent avoir le maximum de chance d’être vus et lus ! »

Petites précisions :

  • Je propose mon livre à la vente sur Amazon parce qu’ainsi il est accessible à tous et partout, mais c’est moi qui détient le stock et qui m’occupe de l’envoi des livres.
  • J’ai aussi fait tout ce qu’il faut pour que mon livre figure sur les principales plateformes de référencement et puisse être commandé chez tous les libraires, et je l’ai signalé sur mon site. Sur la page « catalogue », si on clique sur « où acheter le livre », on découvre toutes les librairies proposant le livre, et la possibilité de le commander chez son libraire préféré.

De l’avenir 

J’arrête là ma logorrhée, je suis actuellement à fond dans la préparation de la campagne de financement participatif,  sans la réussite de laquelle je ne pourrai arriver à publier les deux livres actuellement en préparation. Je vous la présente dans quelques jours.

A très très bientôt !

Cathy