Ma vie d’éditrice épisode 5

Cathy livres

En ce dimanche d’avril ensoleillé, un petit point sur l’activité d’Épilobe éditions durant les deux derniers mois.

Campagne de financement participatif : elle s’est terminée le 17 mars, sur une réussite ! Quel soulagement, après 40 jours intenses, passés à solliciter, organiser des événements destinés à booster la campagne, poster sur les réseaux sociaux, etc. Comme dirait une certaine dame : « j’ferai pas ça tous les jours« . J’espère d’ailleurs ne pas être obligée de le refaire de sitôt !

Encore merci à tous ceux qui ont participé, que ce soit financièrement ou humainement.

BAT Les Larmes de Notre-Dame

Fabrication de la BD LES LARMES DE NOTRE-DAME : pas de répit, après le crowdfunding, enchaînement sur la préparation de la maquette de la bande dessinée pour l’impression. Relecture encore et encore pour qu’aucune faute ne subsiste, vérifications, échanges avec l’auteur, l’imprimeur… Cette bande dessinée est le 2ème livre que je publie, c’est la première oeuvre de Florian ROYER, et cette phase n’a pas été facile. Je renvoie le BAT (« bon à tirer ») demain (10 avril) chez l’imprimeur, ensuite je vais attendre la livraison des 700 exemplaires de la BD, et mes nuits vont se remplir de cauchemars. Je vais avoir tout le temps d’imaginer que les couleurs du livre seront horribles, qu’il manquera une ou plusieurs pages, que des pages seront mal disposées, des illustrations coupées … Il me tarde de tenir l’ouvrage entre mes mains pour effacer tous ces mauvais rêves !

Ce qui est compliqué quand on débute et que l’on  connaît peu les arcanes de la fabrication d’un livre, c’est de vouloir faire le maximum  pour que tout soit parfait ou presque, sans maîtriser tous les outils…

Salon du livre de Paris : le week end end des 25-26 mars je me suis rendue avec une amie à LIVRE PARIS, et ce fut très instructif. Pas le temps de flâner entre les stands, pendant deux jours je suis allée à la rencontre de professionnels pour recueillir leurs précieux conseils, et j’ai suivi quelques interventions très intéressantes sur la « Scène professionnelle ».

Ma plus grande interrogation portait sur la problématique de la diffusion, qui est pour moi un véritable problème, d’une part parce que je ne peux y consacrer beaucoup de temps, et d’autre part parce que je ne trouve pas de diffuseur. J’ai eu un échange des plus édifiants avec un diffuseur, qui m’a dit notamment que diffuser mon catalogue n’était pas intéressant car trop peu de titres et pas assez de spécialisation, et qui a conclu par ces mots : « Revenez me voir dans 10 ans !« .  Ce qu’il ne comprend pas, c’est que dans 10 ans je ne serai plus éditrice si aucun diffuseur ne m’aide à démarcher les libraires pour faire connaître mes livres et les vendre ! Et avant d’avoir un catalogue conséquent, il faut avoir la possibilité de vendre suffisamment de livres pour pouvoir en imprimer d’autres. Il est rigolo le bonhomme, heureusement que je ne me décourage pas facilement !

LIVRE PARIS 2017

J’en suis arrivée à la conclusion, après avoir suivi plusieurs interventions et rencontré des professionnels du livre, que la diffusion des « petits éditeurs » est très compliquée en France, et qu’il y a des progrès à accomplir dans ce domaine. Plus la structure est « petite » plus c’est difficile, car un éditeur isolé et travaillant seul, qui plus est en cumulant un autre travail pour pouvoir assumer financièrement, ne peut pas tout gérer, du travail avec les auteurs à la fabrication, en passant par la diffusion, la distribution, la communication et la gestion financière. Même si on publie à très petite échelle (1 ou 2 titres par an), on se doit de défendre les livres que l’on a fait naître le mieux possible, on doit leur donner la possibilité de trouver leur lectorat.

La diffusion est vraiment le nerf de la guerre, la survie de toute maison d’édition en dépend, du moins dans l’organisation actuelle de l’édition en France.

Je pense d’ailleurs que c’est pour cette raison que beaucoup d’éditeurs indépendants ont recours au crowdfunding, qui leur permet de pré-vendre leurs livres afin de pouvoir payer leurs frais, notamment ceux relatifs à l’impression, poste financièrement prépondérant, surtout quand le  tirage est limité à quelques centaines d’exemplaires (en effet, plus le tirage est élevé, plus le prix de revient par exemplaire est faible).

On avance on avance … Dans l’attente de trouver un diffuseur, je ferai le maximum pour que LES LARMES DE NOTRE-DAME trouve son public. Pas question de baisser les bras, non mais !

À bientôt.

Cathy.