Ma vie d’éditrice épisode 7

Cathy livres

La passion d’éditer

Plongée dans les arcanes du métier d’éditeur…

Deuxième été studieux pour Épilobe éditions, mais quand on aime, rien ne coûte… Et puis, de toute façon pas de pause envisageable pour une entreprise en phase de lancement, sinon c’est l’échec assuré ! J’ai lu dernièrement un livre écrit par un éditeur, Éric Losfeld, dont la lecture m’avait été conseillée par un diffuseur au Salon du Livre de Paris, au mois de mars dernier. Rappelez-vous, c’est celui qui m’avait dit : « Revenez me voir dans 10 ans ! » Dans son livre de mémoires Endetté comme une mule, (tiens, est-ce pour ce que signifie ce titre que le diffuseur me l’avait conseillé ?), ce grand éditeur raconte sa vie passionnante et trépidante d’éditeur libre, inventif, sans concession, amoureux du surréalisme, du cinéma, et ne reculant devant aucune prise de risque pour éditer ce dont il a envie. Bref, toutes proportions gardées la vie professionnelle d’Éric Losfeld est un bel exemple pour moi du métier d’éditeur, tel qu’il doit se pratiquer. Et puis, c’est une formidable peinture de l’atmosphère politique et intellectuelle de la France des années cinquante à soixante-dix, et de la lutte continuelle à mener pour conserver sa liberté d’expression. Si tout cela vous intéresse, je vous conseille vivement la lecture de ce livre (réédité par les éditions Tristram en 2017, collection souple).

Des actions et des livres

Épilobe à la Fête du livre de Monpazier

Comme l’écrit Éric Losfeld, « On suppose qu’un livre va se vendre, parce qu’on l’a publié, parce qu’on l’aime bien, et on suppose que d’autres personnes vont l’aimer, mais en réalité la vente d’un livre reste quelque chose de tout à fait irrationnel. » Je n’ai publié que deux livres pour l’instant, mais j’ai fait mienne cette phrase, et cela me conforte dans l’idée que l’important est de faire le maximum pour faire connaître les livres publiés par Épilobe, et, même si cela ne produit pas l’effet escompté, l’important est d’essayer, encore et encore. Au cours des dernières semaines, j’ai réfléchi aux actions les plus efficaces à mener pour œuvrer en ce sens. J’ai fait la rencontre de Natalia, spécialisée dans le marketing des petites entreprises, qui a réalisé une sorte d’audit d’Épilobe, et m’a fait part de ses préconisations. Le plus important est donc la communication, que ce soit à travers la presse, les réseaux sociaux, les salons, la création d’événements, et auprès des libraires bien sûr. Dans mon cas, le manque de temps étant le principal souci, il s’agit de l’organiser efficacement et de faire les bons choix.

Des projets qui se concrétisent

Monsieur Germain, un livre jeunesse racontant la vie d’un rat pas ordinaire, écrit par Claire Alberghi et illustré par Élodie Passicot, va enfin voir le jour, après plus d’un an de gestation. Le mois de juillet a été consacré à l’élaboration de la maquette de l’ouvrage par la graphiste Élizabeth Guillot. De mon côté, je me suis occupée des corrections du texte et du contrôle de la conformité des fichiers aux contraintes de l’impression. À propos d’impression, j’avais fait faire un devis en début d’année, dans le cadre du crowdfunding, mais quand j’ai contacté l’imprimeur choisi pour la finalisation du projet, le prix défini initialement avait presque doublé ! J’ai finalement eu recours à un courtier en imprimerie, et mes prochains livres seront réalisés dans une imprimerie située à la Rochelle.

Entre-temps, j’ai été contactée par un auteur illustrateur, Cédric Angladon, qui m’a présenté un projet de livre destiné aux jeunes enfants, Connais-tu Nimbus le mouton nuage ? Le projet m’a plu, et j’ai décidé de le publier, quitte à m’endetter un peu plus (c’est le propre de certains éditeurs non ?). C’est peut-être de la folie, mais l’important dans la vie est de tenter de faire ce que l’on aime, et si je ne réussis pas, au moins j’aurais essayé… La collection Balsamino sera lancée à l’occasion de la sortie de ce livre. Cette collection est destinée aux jeunes enfants, et leur présente des petites histoires illustrées, mettant en scène des personnages rigolos et attachants, avec lesquels ils peuvent éprouver leurs premières émotions de lecteurs, et développer leur imaginaire. Pour la petite histoire, Balsamino est un mot qui n’existe pas dans le monde réel, mélange de « balsamine », nom d’une plante aux jolies fleurs colorées, et de « minot ».

La rentrée d’Épilobe

Les mois à venir s’annoncent bien remplis pour Épilobe : le 15 septembre, parution de Monsieur Germain, puis en octobre ce sera au tour de Connais-tu Nimbus le mouton nuage ? Des dédicaces sont prévues, des événements (dont la présentation de Monsieur Germain le 30 septembre à Villenave d’Ornon), et aussi la participation des auteurs et illustrateurs à des salons. Bref, tout sera mis en œuvre pour faire connaître nos délicieux bouquins, et aller à la rencontre des lecteurs petits et grands. Il va falloir tenir le coup jusqu’à la fin de l’année, et faire en sorte que ma petite maison d’édition puisse perdurer au-delà de l’année 2017…

En Dordogne, les pierres servent d’écrin aux livres…

En conclusion, et pour finir sur une note positive, petit retour sur la participation d’Épilobe à la fête du livre qui a eu lieu le 23 juillet dernier dans le beau village de Monpazier en Dordogne. Je m’y suis rendue en compagnie de mon mari, Mathieu, mon plus fidèle soutien, qui me supporte et m’aide dans la diffusion des livres auprès des libraires. J’apprends énormément sur le monde de l’édition en participant à des salons, et je ne m’ennuie jamais, ces manifestations étant propices à des rencontres fort intéressantes. Ainsi, à Monpazier j’ai rencontré :

  • un éditeur depuis 23 ans, fort en gueule et revenu d’à peu près tout, connaissant par cœur les dialogues de Michel Audiard ;
  • un architecte dont la passion est d’écrire des livres pour enfants, comme ça, pour le plaisir, et dont les chiffres de vente de ses ouvrages ne sont vraiment pas le souci principal ;
  • une bibliothécaire très sympathique, qui non seulement participe de manière très efficace au bon déroulement de la manifestation, mais que l’on retrouve dans l’après-midi, à l’accordéon, accompagnant le groupe de danseurs folkloriques se produisant sur la place du village ;
  • la célébrité locale, Pierre Bellemare, qui fait la joie de ses admirateurs en leur racontant des histoires extraordinaires, et en leur dédicaçant ses livres :
  • l’adolescent pas forcément amateur de lecture, mais à qui mon mari a donné l’envie de lire la BD Les larmes de Notre-Dame, et qui l’a lue immédiatement après l’avoir achetée, sous nos yeux.

Quand je vous disais que je ne m’ennuie pas dans les salons du livre, un monde à part …

À bientôt !